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La critique de l'usager
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Je ne sais pas si je suis un vrai amateur de films d'horreur. Je n'aime pas Vendredi 13, parce que ça ne me fait pas frissonner. Halloween, avec des effets spéciaux vraiment plus modestes, m'énerve déjà plus, mais c'est du suspense plus que de l'horreur. Tout dépend de ce qu'on cherche : est-ce qu'on veut de la peur ou du dégoût? De la violence explicite, ou suggérée? «Scarface», de Brian DePalma, contient une des scène les plus insoutenables que j'aie vues (la tronçonneuse), mais on n'y voit rien. Tout est dans le regard du personnage et dans les effets sonores. Pourtant, dans cette scène, ils ont tout reconstitué : le sang, le corps démembré, tout. Mais DePalma a chois de ne rien montrer. Dans «Carrie», c'est différent, mais DePalma joue le même jeu : l'horreur est plus dans le désespoir du personnage et dans la performance des acteurs que dans les effets spéciaux. Même chose pour «Shining», de Kubrick. «L'exorciste» est dans une classe à part car il joue efficacement sur tous les plans : peur, dégoût, violence explicite et suggérée... Drag Me To Hell n'est pas un classique. Il reprend seulement une structure classique, avec des indices qui permettent de prévoir la fin, ce qui n'est que justice : si on suit bien l'histoire, on va deviner et on se sentira intelligent (ou on trouvera le film prévisible), et si on se plonge dans l'histoire, les indices nous fileront sous le nez et se fera avoir. Pour n'importe quel film, on trouvera quelqu'un qui affirmera avoir deviné la fin. Dommage qu'on n'en ait jamais de preuve écrite... Ici, avec «Drag Me To Hell», on a affaire à une parodie. Un réalisateur talentueux qui applique son talent à rire de lui-même. Il n'ira donc pas gaspiller un scénario éminemment original dans un exercice de comédie, ce que Peter Jackson a fait avec «The Frighteners» qui, au demeurant, est un excellent divertissement. Raimi choisit, au contraire, un sujet ridiculement banal et en fait un film ridicule, sans s'en cacher. Certains l'accuseront d'en avoir trop fait. Je ne suis pas de ceux-là. Tout est étudié pour avoir l'air «pas étudié» : les costumes, les coiffures, le vide des dialogues, le mucus, la vermine, le petit minou. Tout est préparé pour que le spectateur, moyennant un minimum d'attention et de connaissances du genre, voit venir les gags. Le style de l'horreur verse souvent dans l'outrance et la ligne entre l'horreur et le ridicule est bien mince. Il est donc normal que dans une parodie du genre, l'outrance elle-même soit outrancière. L'exercice parodique est tout là : on veut parodier un genre cinématographique, donc on en utilise les clichés, les mécanismes, et on les tord, on les trafique. Scary Movie, à ce titre, n'est pas une parodie. C'est une caricature : on n'utilise pas les procédés de l'horreur, on utilise des scènes connues et on les change. Je ne dis pas qu'il n'y a aucun élément de parodie dans Scary Movie. Le premier était plutôt réussi. Mais le but de la série n'est pas de parodier le genre «drame d'horreur», c'est de rire de certains films populaires leur volant des idées. C'est là toute la différence entre parodie et caricature : l'une ridiculise un concept, l'autre ridicule un exemple... «Drag Me To Hell» n'est certainement pas un classique, et ce n'est pas non plus une des meilleures parodies qu'il m'ait été donné de voir. Mais l'exercice tenté par Sam Raimi se rapproche plus de «Young Frankenstein» ou «Le bal des vampires» que de Scary Movie. Il se peut, comme quelqu'un l'a écrit sur ce site, que la vieille gitane se retrouve dans le prochain «Scary Movie» (5?.. 6? ) La parodie deviendrait alors une caricature, avec une «sur-surenchère» de mucus et de dents cariées... Ça prouverait juste que les gens qui produisent ces films-là ne voient pas plus loin que le bout de leur nez : «Drag Me To Hell» est une vaste blague et comme chaque blague, elle ne fait pas rire tout le monde, qu'on la comprenne ou non.
7/10 21.6.2009 -
jonathanpare74@ - âge: 26-35
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