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| The Straight Story |  |
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La critique de l'usager
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J'ai vu ce film à sa sortie il y a quelques jours et ses images me hantent encore. Lynch est plus qu'un simple cinéaste mettant des histoires en images. C'est un peintre de génie, au même titre qu'Edward Hopper et compagnie. Son film est à la fois d'une beauté étrange et d'un réalisme fascinant. Je ne partage aucunement l'opinion selon laquelle ce film occuperait une place à part dans son oeuvre. Lynch, avec ce film, exploite toujours la même palette émotionnelle, visuelle et sonore, qui le distingue d'à peu près tous les cinéastes de sa génération. Il ne cherche pas délibérément à aller à contre-courant des patterns hollywoodiens, mais par la force des choses son génie l'amène à explorer des avenues différentes. On remarquera, outre la maturité et la sobriété qui caractérisent ce film, le refus de recourir à des procédés classiques et faciles pour dramatiser les situations. Par exemple : aucun flash-backs ne vient appuyer les aveux et les souvenirs des protagonistes. Par exemple, la plupart des événements qui marquent l'histoire ne sont pas montrés directement, mais plutòt suggérés, afin de mettre l'accent sur leur impact émotionnel plutòt que sur leur côté spectaculaire. On pourrait en dire très long sur ce chef-d'oeuvre. On pourrait discuter de son message humaniste, on pourrait y voir un poème sur la vieillesse ou une belle fable sur le sens du pardon et de la rédemption. On pourrait également y voir l'antithèse des road-movies conventionnels ou une critique de la société moderne obsédée par l'efficacité et la rapidité. C'est le propre des grands chef-d'oeuvre d'ouvrir la porte à plusieurs interprétations. Et il s'agit bien là d'un chef-d'oeuvre au sens artistique et philosophique du terme.
10/10 29.11.1999 -
coexistence@
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