 |
| Elvis Gratton: Le King de Kings |  |
 |  |  |
|
La critique de l'usager
|
|
 |
Elvis Gratton: l'implacable frère siamois Le phénomène ne cesse d'étonner. Le regain d'intérêt pour Elvis Gratton, sa caricature, son éclat, son coup de poing n'a jamais été banal. On aime ce film, on l'offre aux étrangers comme si c'était du sirop d'érable, on l'écoute seul ou dans des partys, on cite les centaines de phrases mémorables un peu partout! C'est incroyable ce que soi-même jeté sur l'écran peut bien représenter. On rit d'un gros "smile de boeuf", on pense que ce Gratton est le voisin, car après tout, nous sommes assez "wise" pour échapper aux radars américains. On lit Voir, on mange sur la rue Crescent, on écoute les films de Von Trier. On oublie que la colonisation, c'est bien plus que le pantalon brun marde d'un patapouf qui s'envoie un dard de bord en bord du crâne! C'est bien plus qu'un obèse vulgaire qui se gratte le cul avant d'entrer dans son gros garage. La colonisation est la fibre intrinsèque qui se lance de générations en générations; une forme d'inceste intellectuel qui nous abime le regard du réel. Quand nous parlons, nous sommes tous un peu ce colon fanfaron qui se prend pour le nombril du monde mais qui est, en fait, seulement le roi de sa crèche de Noël! Le Québécois colonisé est une fabrication de ses peurs et de l'impossibilité d'une éventuelle libération. Il a toujours un peu peur de gagner par sa culture, il préfère épauler celle de l'étranger (canadienne et américaine) plutôt que de bien entretenir la sienne. C'est pareil aujourd'hui, c'est bien plus intéressant de s'afficher avec la culture des autres, même celle faible et bavarde, que de porter aux nues les plus beaux éclats de la nôtre. Quand on se bat pour notre culture (comme Loco Locass par exemple), on se fait souvent traiter de "pro-kébek", de "nationaleux" et d'attardés. Je réponds toujours à ces âmes fruitées d'un pays imaginaire que si je ne défends pas ma culture, c'est comme si je donnais raison à la médiocrité des autres. Bien franchement, un rigodon barbu vaut bien le Big beat des envahisseurs! Patrick Léveillé, écrivain, poète.
10/10 21.7.2004 -
incendiesurtoutlecorps@ - âge: 26-35
| |  | | |
|
|  |  |  |
| N.B. Commentaires publiés sur cette page sont les opinions personnelles de nos visiteurs. Nous ne sommes pas responsables de leur contenu. |
|
|
|
 |