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| Le Déclin de l'empire américain |  |
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La critique de l'usager
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Quand l'Homo sapiens arrive au bout de sa route... L'amaigrissement idéologique qui suit la faste période de mai 68 a eu pour effet d'aliéner bon nombre d'individus. Le tissu social déchiré par la chute du bloc communiste, la mort de Salvador Allende, l'étouffement de Castro et l'arrivée au pouvoir des Ronald Reagan, et Margaret Thatcher furent les premiers signes que l'époque où les fleurs qui poussaient dans les fusils étaient révolue. Pour toute une génération, blêmir devant l'avancée de la droite était un geste improbable; comment continuer le combat alors que s'égrappent un à un les grains en colère de l'individu résolu. Face à ce tourment collectif, il restait le retour à soi. Après avoir tenté de construire une maison dans le sable mouvant, l'homme constate que son cheminement est caduc. Impossible alors d'obtenir d'une peuplade une idée de fond qui donne envie de mettre les briques des uns sur les nôtrès. L'échec de la vie sociale mène presque obligatoirement au carré de sable narcissique. Impossible de jouer dans un vaste terrain de jeu sans perdre son âme, alors je retourne en moi et je ne pense maintenant qu'à peupler mes envies d'objets et de jouissances fugaces. Ce comportement exsangue est l'épine dorsale du film de Denys Arcand. C'est un peu comme si on avait lancé le peuple contre un mur et que tous les morceaux de l'objet fracassé avaient voulu reprendre le contrôle de leur propre identité. Ce qui aurait été un blasphème à l'époque des communes est devenu une façon de détruire une fois pour toute l'utopique souvenir d'un monde mieux. Les personnages du Déclin De l'Empire Américain se servent de leurs corps pour écrire leurs révoltes. Un corps immunisé contre le tiraillement sociétal, un corps-orgasme à soi pour réapprendre le plaisir de s'appartenir. Après avoir raté un coup d'état idéologique, sont-ce des crimes que ces désirs de caresses et de vins qui éjaculent des bouteilles? Après la stupeur de la réalité, il ne reste à l'homme que son membre comme pays. Un pays contrôlable, mais mou! Patrick Léveillé, écrivain, poète.
10/10 21.7.2004 -
incendiesurtoutlecorps@ - âge: 26-35
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