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| Ulysses' Gaze |  |
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La critique de l'usager
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Parcourir les Balkans comme un feu ardent Comme une traversée d'un désert intérieur, une sorte de marche vers les fruits fanés du désespoir, le personnage de Harvey Keitel avance dans ses ruines comme il chemine en lui-même. Lentement avec des aires de sable mouvant. Voici donc, sous nos yeux, un road-movie de l'extrême; la quête, cette vision noire suspendue au bout du réel. Tout dans ce merveilleux portait de Theo Angelopoulos est une fenêtre craquée qui laisse passer les oiseaux de l'anéantissement. Des oiseaux pas plus libres que toute cette brique éclatée qui traîne sur le sol. Il n'y a pratiquement pas un seul espace qui ne soit pas occupé par la destruction. De l'intériorité du personnage principal, cinéaste américain qui retourne visiter sa terre natale, jusqu'aux fracas des villes, tout a été violé, massacré et témoigne de cette impureté avec une stoïque précision. Angelopoulos propose de regarder la destruction comme une oeuvre de l'espoir. Un façon de s'accrocher aux herbes ardentes qui ne demandent qu'à jaillir de tout ce gris. Patrick Léveillé, écrivain, poète.
10/10 21.7.2004 -
incendiesurtoutlecorps@ - âge: 26-35
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