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La critique de l'usager
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[ATTENTION: Cette critique révèle le contenu du film.] « LA DUCHESSE » Excellente réalisation de Saul Dibb. Somptueuse reconstitution de la vie tumultueuse de l’éblouissante Georgiana Spencer, duchesse du Devonshire (Keira Knightley), après son mariage de raison en 1774, avec William Cavendish, 5e duc de Devonshire (Ralph Fiennes), le personnage le plus puissant d’Angleterre après le roi. Incapable d’accepter la méprisante indifférence et la cruauté de son mari à son égard, et contrainte d'accepter un odieux ménage à trois avec la maîtresse de celui-ci, laquelle était sa meilleure amie Bess (Hayley Atwell), Georgiana décide de sortir de son cocon et de s'engager activement dans la vie publique — littéraire et politique — en militant, entre autres, pour les droits des femmes. Un personnage hors du commun en regard des normes de l’époque, et qui présente toujours, sur certains plans, un modèle de courage et d’engagement pour les femmes d’aujourd’hui. Donc dans la lignée directe d’Élizabeth 1re, cet autre exceptionnel personnage qui changea, deux siècles auparavant, le cours de l’Histoire et notre vision face à cette dernière —, ‘Elizabeth’ et ‘Elizabeth : The Golden Age’ (Shekhar Kapur, 1988 et 2007) incarnée par Cate Blanchett. Distribution hors pair incluant les excellents Dominic Cooper (Charles Grey) et Charlotte Rampling (Lady Spencer), pour ne nommer que ceux-là. Gyula Pados nous offre, par sa direction photo d’une magnificiente luminosité des tableaux champêtres et d’intérieurs comme les Britanniques savent nous en composer, particulièrement lorsqu’il s’agit de productions portant sur la noblesse, la monarchie. Et que dire des magnifiques et fastueux costumes de Michael O'Connor! Film d’une tonalité d’ensemble assez froide, paradoxalement accentuée par le jeu très subtil de Fiennes, à la fois distant et fragile, et celui, plus spontané et intellectuel de Knightley. Climat feutré où flottent des silences palpables… lesquels bénéficient souvent de très vastes décors froids, impersonnels, à la Stanley Kubrick. Deux très grands rôles pour ces admirables acteurs. À voir comme une superbe peinture reproduisant cette époque de l’histoire d’Angleterre, combien significative, où l’archipuissante noblesse s’arrogeait tous les droits!
9/10 15.4.2009 -
harar@ - âge: 50+
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