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La critique de l'usager
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« MILK » Excellente réalisation de Gus Van Sant qui s’attaque à un sujet fort délicat, toujours d’actualité : la revendication et l’intégration des droits des homosexuels dans la société. Sean Pen habite et habille parfaitement le personnage complexe et imagé d’Harvey Milk. Pen joue avec sa précellence habituelle, ici une interprétation à la fois particulièrement subtile et colorée, réservée et exubérante. Génial! Une brochette de talentueux acteurs l’entoure, dont, entre autres, les excellents Emile Hirsch, Josh Brolin, Alison Pill, James Franco, meilleurs les uns que les autres. Quelle distribution! Scénario d’une très belle et fine écriture de Dustin Lance Black. Dialogues sensibles et intelligents, révélateurs des problématiques enjeux personnels et politiques de Milk. Et indicateurs des tensions et déchirements entre les principaux protagonistes. Scènes d’intimité présentées avec délicatesse, respect, réalisme. Excellente cinématographie, tant pour la photo extérieure qu’intérieure. Sobre, classique, lumineuse. Choix judicieux de remarquables images d’époque qui éclairèrent le contexte historique et nous font participer à l’immense controverse sociopolitique ainsi qu’aux débats houleux qui soulèvent et divisent une bonne partie de l’opinion américaine d’alors. Montage cohérent, vivant, qui a échappé aux multiples pièges tendus par la vie mouvementée, éparpillée, angoissée de Milk. Construction solide, soutient de l’intérêt jusqu’au dénouement. Remarquable reconstitution de moments d’extrême tension où les questionnements humains, imminents, de proximité, cohabitent de façon serrée, pertinente, avec les froides considérations d’un univers extérieur présentées par vagues d’archives télévisuelles étonnantes. Progression bien ressentie des antagonismes entre les groupes. En 1972, Harvey Milk arrive à San Francisco et ne tarde pas à devenir activiste. Peu après il s’implique ouvertement dans l’arène politique pour tenter de se faire élire au poste de conseiller municipal. À l’époque, les homosexuels affluent de partout à San Francisco et se regroupent dans le quartier de Castro, là où Milk a établi sa permanence dans sa boutique d’appareils photo et s’affiche carrément comme homosexuel au grand dam des marchands hostiles du voisinage, ce qui crée des remous. Apparaissent de vives tensions. Milk essuie plusieurs revers politiques, rebondit chaque fois, mu par sa profonde détermination à faire triompher la cause. On le sent en même temps tourmenté, les fondements de ses objectifs politiques et personnels étant parfois remis en cause par des proches. Devenu le fer de lance du vaste mouvement qu’il a créé, et armé de son seul courage, il a maintenant peine à en maîtriser les membres et le puissant élan. Portrait humain attentif et réussi d’un homme exceptionnel qui s’est battu pour une cause qui a donné naissance à un mouvement international toujours en effervescence. Excellente production sous tous ses aspects. Film à ne pas manquer pour les amateurs de drames sociohistoriques et tous ceux qui aiment les films impeccables.
9/10 21.2.2009 -
harar@ - âge: 50+
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