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La critique de l'usager
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« LE POUILLEUX MILLIONNAIRE » Très bonne réalisation ‘technique’ de Danny Boyle. L’intensité des premiers plans laisse peu doute sur un déroulement… qui deviendra dès lors prévisible... Film à la fois éblouissant par sa photographie et décevant par son scénario. Univers exotique fascinant, insaisissable, parfaitement rendu. Du meilleur et du pire… à leur max! Frappante et déstabilisante dichotomie. Bonne distribution, surtout les enfants. L’exceptionnelle cinématographie d’Antony Dod Mantle nous impose des images d’une telle splendeur et d’une telle puissance qu’elles nous aspirent littéralement dans l’écran, dans une débauche de couleurs aux hétérogènes dimensions sociales, culturelles et religieuses. La caméra jette un regard implacable et accusateur sur les responsables de telles immondices. Tel un témoin gênant, elle nous inflige une visite guidée des bidonvilles de Mumbai qui regorgent d’immondices et d’humains à ne souvent plus pouvoir départir les uns des autres. Indigence criante, exploitation des enfants, violence et persécutions religieuses, laideurs à en faire voler les oiseaux à l’envers pour ne pas voir la misère du monde. D’où le malaise qui nous habitera depuis lors jusqu’à la fin. Car il nous est impossible de ne pas nous sentir interpelés, comme étant privilégiés, et même comme des voyeurs en première classe devant ces images choquantes et chatoyantes. S’intègre finement le montage dynamique, fluide et syncopé de Chris Dickens. Le tout est d’une efficacité redoutable! On en sort inévitablement ébranlé. La trame musicale d’A. R. Rahman est percutante, sait moduler l’action au lieu de l’appuyer. Ce sont là les trois qualités qui concourent à donner à cette production une tonalité esthétique vraiment particulière, intéressante. Le scénario, lui, est d’une tout autre couvée. Médiocrement adapté, il est parsemé d’invraisemblances, grotesque et mièvre. Or, une bonne histoire est la pierre angulaire de tout film, la technique a ses limites. D’où l’incurable faiblesse structurelle du film. Échec sur ce point. Il est pourtant de pratique courante que des réalisateurs refusent des scénarios ou les fassent réécrire, voir totalement. La force du film réside donc finalement dans le traitement photomontage-musique qui nous maintient captifs tant que l’exotisme joue. Mais les enfants grandissent et les rêves s’étiolent… Ainsi disparaît la magie au dernier tiers. Très bon film qui vaut le déplacement, ne serait-ce que pour ce magnifique et impressionnant portrait socioculturel.
8/10 19.2.2009 -
harar@ - âge: 50+
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