Pas convaincu au départ par les scènes mettant l'accent sur le sexe consommé après un rave entre deux jeunes dans la vingtaine, j'ai changé d'avis en écoutant les dialogues, ou plutôt les monologues, qui nous font découvrir ces deux êtres écorchés, désemparés devant la vie, ne sachant que faire de leur existence. Cadré dans un huit clos, l'histoire, du moins ce que nous apprend les monologues qu'ils s'échangent, nous permet d'en comprendre mieux sur la solitude, l'engagement, la vie moderne en milieu urbain, d'une jeunesse désorientée, sans repère, sans lendemain, vivant dans l'instant, sans perspective, sans passé, sans avenir. La quête de sens est omniprésente, sans pour autant que les réponses ne nous soient données, ni clairement, ni esquissées, ni même suggérées. On se reconnaît dans ses deux personnages qui continuent de nous habiter après la fin du générique. La musique absente, sauf pour deux chansons, l'une au début et l'autre à la fin, les mots apportent toutes les émotions qu'aucune note ne pourrait mieux habillée. La vérité toute crue des mots porte toute l'atmosphère du huit clos. Ce huit clos est aussi bien physique tel que le petit appartement nous le fait sentir, que spirituel grâce à la rencontre des deux êtres qui se découvrent et se dévoilent au delà des passions charnelles qui les lient au départ.
| 8/10 | danielwalshmtl@ - 31 critiques 27.12.2011 - âge: 36-49 |
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